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Ecotaxe : une étude d’impact

Alors que l’inquiétude grandit quant à la mise en application de l’écotaxe dans notre région, les élus de la Communauté Urbaine ont adopté,vendredi 31 janvier, un voeu. Le message est clair : rien ne doit être fait tant que l’impact n’aura pas été étudié.

Le Conseil Communautaire a adopté, vendredi 30 janvier, une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo s’inquiétant fortement des effets de l’écotaxe en Bretagne.

Cette écotaxe est un dispositif nouveau, intégré au Grenelle de l’environnement, qui prévoit de taxer à partir de 2011 le transport des marchandises par camion de plus de 3,5 tonnes, en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Le but est d’inciter les entreprises à se porter sur d’autres modes de transport, fluvial, maritime ou ferroviaire. Les sommes collectées sont ensuite consacrées au développement de ces infrastructures alternatives.

Bien sûr, cette écotaxe, dans l’absolue, est une bonne réforme, qui va dans la logique de la protection de l’environnement et de la responsabilisation des acteurs économiques.

Seulement, pour le cas particulier de la Bretagne, elle pose de gros problèmes.

D’une part, la géographie particulière de notre région pénaliserait fortement les secteurs dépendant du transport de marchandise. Nous sommes relativement excentrés, et rejoindre les grands axes routiers de l’hexagone représente déjà un coût. D’ailleurs, cette situation péninsulaire fait qu’il n’y a que très peu de trafic de transit, contrairement par exemple au couloir rhodanien.

Par ailleurs, les modes de transport alternatifs sont très peu développés dans notre région, que ce soit le fret ferroviaire ou le ferroutage, ou l’absence de structures suffisantes pour le transport fluvial.

Enfin, cela ne tient pas compte des spécificités du transport routier en Bretagne. Il s’agit, à 40 %, des produits de l’agroalimentaire, de l’agriculture ou de la pêche, qui sont des produits à faible valeur ajoutée. Ces transports sont, de surcroit, plutôt des trajets courts, puisque 70 % d’entre eux sont intra-régionaux, avec une distance inférieure à 400 km, ce qui rend le transport routier relativement incontournable.

Les élus socialistes de Bretagne se sont, depuis le début, inquiétés contre les effets de cette taxe sur l’économie bretonne. Jean-Yves Le Drian, Gilbert le Bris ou Jean-Jacques Urvoas ont ainsi déjà interpellé le Ministre contre cette « taxe inacceptable ».

Par leur vote, la majorité des élus de la Communauté Urbaine ont donc voulu marquer leur soutien aux acteurs économiques qui se mobilisent et manifestent en ce moment. Le conseil de Communauté demande le gel de l’application de cette mesure en Bretagne tant que son impacte n’aura pas été clairement mesurée.

Voir le voeu en pièce jointe.

  A lire également :

- la position de Jean-Yves le Drian, président de la région Bretagne, dans Le Télégramme

- l’interpellation du Premier Ministre par Gilbert Le Bris, député socialiste du Finistère

- le communiqué de presse des députés socialistes bretons

Photo Flickr de Fotoloo

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